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rouge est considéré comme la couleur par excellence, la seule
véritable couleur, du reste en Russe le mot rouge signifie également
beau. Dans l’Antiquité, on tire cette couleur d’un mollusque : le
murex
que l’on trouvait sur les rivages de Méditerranée orientale
vers Alexandrie. C'est la couleur des Empereurs.
Au Moyen Age, on utilise l’alizarine ( de l’arabe al’usâra) c’est-à-dire l’extrait de racine de garance, une plante herbacée pour obtenir le rouge. La culture de la garance fait la fortune de Toulouse. Dans l’art de l’enluminure, on utilise la cochenille, c’est-à-dire un insecte dont on tire un magnifique rouge carmin. A partir du XIIème siècle, les majuscules sont systématiquement peintes en rouge carmin dans les monastères cisterciens. |
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| Le bleu s’obtient traditionnellement à partir de la guède. Pastel, il ne passionne pas les foules et il fait surtout penser au ciel froid d’Ile-de-France. Le bleu ne détrônera le rouge qu’à partir de la découverte de l’Amérique et de l’indican, une teinture que l’on extrait de l’indigotier. Le mot indigo apparaît en France en 1578. Cependant les enlumineurs obtiennent de magnifiques bleus à partir d’un minéral : la pierre d’azur qu’on appelle en latin médiéval lapis lazuli. Les moines de l’abbaye du Mont-Saint-Michel dépensent des fortunes pour obtenir cette pierre qui broyée et réduite en poudre donne des bleus uniques. |
| Au Moyen Âge règne le bistre, ce brun noirâtre que l’on obtient à partir d’une calcination en vase clos de diverses matières animales d’où l’expression " broyer du noir ". L’encre de seiche, c’est-à-dire le sépia est également utilisée. Pour les manuscrits, on préfère la cécidie ou galle du chêne, riche en tanin. |
| Le blanc s’obtient à partir de calcaires ou de chaux, ce sont des blancs crayeux. La céruse est un carbonate de plomb qui comme tous les produits chimiques médiévaux est un produit toxique, un véritable poison violent. Les femmes italiennes l’utilisent comme maquillage à la fin de la période médiévale ! |
| Le vert porte malheur ! En fait cette expression provient du milieu du spectacle qui se méfiait des robes vertes car cette couleur était très difficile à obtenir ( mélange de bleu et de jaune ) et les mélanges douteux sont très aléatoires. On utilise comme teinture le verdet ou vert de Grice. Ce vert s’obtient à partir d’acide acétique de cuivre. Sous l’action du vinaigre le cuivre est vert-de-grisé. Les plus beaux verts s’obtiennent à partir de cyanures que l’on utilisent dans les abbayes où l’on boit de la bière, boisson aux vertus diurétiques ! On utilise l’ammoniaque contenue dans l’urine pour fixer la couleur ! Faire des teintures et des pigments est une activité dangereuse : les intoxications sont nombreuses, d’autres utilisent ce savoir pour fabriquer de subtils poisons. |
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| Le jaune s’obtient à partit d’une plante méditerranéenne, le fustet ( de l’arabe al’fustuq ) dont le bois fournit la fustine. |
Tableau des couleurs.
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_ rouge _ la pourpre |
_ violet _ le pourpre |
_brun _marron _gris foncé |
_argent _gris clair |
_ certains jaunes |
_jaune _ orange |
Ainsi pour les yeux médiévaux, un orange peut aussi bien passer pour un jaune que pour un rouge, du reste, le mot même est récent et provient de l’arabe al’narandj ce qui signifie semblable au fruit de l’oranger. Le mot n'apparaît qu'à partir du XIVème siècle. L'orange existe sûrement avant cette date, mais il passe pour du rouge ou du jaune suivant la sensibilité de la personne.
L’azur ne correspond pas à notre bleu azur, de fait tous les bleus rentrent dans la famille de l’azur. Entre le bleu et le rouge, naissent progressivement de nouvelles couleurs. La pourpre correspond aux couleurs des cardinaux romains et se traduit par un orangé sur les blasons ecclésiastiques. Curieusement au XIVème siècle naît une nouvelle couleur : le pourpre qui tire sur le violet. Quant à cette couleur dont le nom provient de la violette, elle est réservée au deuil de la famille royale.
Le noir n’existe pas, comme on l’a vu, le noir s’obtient de différente façon qui créent une gamme de nuances importantes. Suivant son origine organique ou végétale le noir peut être sépia ou même marron clair.
Cheveux blancs ou cheveux argentés ? Pour les hommes médiévaux, il n’existe aucune différence entre ces deux couleurs.
Le vert étant très difficile à obtenir, certains jaunes issues de plantes tinctoriales peuvent être assimilés à des verts.
Dans les armoiries médiévales lorsqu’une figure ( lys,lion,étoile … ) doit être peinte en or, elle peut être aussi bien jaune qu’orange. N’oublions pas que cette couleur a pour référent le métal qui allié de cuivre devient rouge, allié d’argent devient blanc et allié de zinc devient gris. Notons que l’or médiéval était proche de l’or actuel africain, c’est-à-dire beaucoup plus jaune que l’or français traditionnel en orfévrerie.

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Les couleurs du manteau et de la robe de la Vierge sont le rouge et le bleu : c’est à dire la couleur des Cieux ( l’azur ) et de la passion du Christ ( le sang ). Notons que ces deux couleurs se retrouvent présentes sur les échiquiers médiévaux et associer ces deux couleurs en blasonnant constitue un écart grave aux règles de l’héraldique. Curieusement le noir et le blanc ne forment alors qu’un contraste bien plus faible. Il n’existe à cette époque ni noirs profonds ni blancs lumineux alors que les rouges sont carmins ou purpurins tandis que les bleus sont froids et pastels. Rappelons que le rouge est également la couleur du magister [ pouvoir politique ] depuis l’empire romain et celle des robes de mariées tandis que les églises sont peintes en bleu. |
| Le noir est la couleur traditionnelle du clergé comme nous le rappelle l'oeuvre de Stendhal, Le rouge et le noir. Les moines bénédictins portent un froc brun et les dominicains sont vêtus de noir. C’est aussi la couleur traditionnelle des citadins, des bourgeois lorsque des lois somptuaires interdisent les vêtements de couleurs aux roturiers comme au XVIème siècle. Le noir n’est donc pas la couleur du deuil, mais avant tout un symbole d’humilité et une couleur virilecomme le montre encore les confréries religieuses en Espagne lors de la semaine sainte. | |
| Le blanc est la couleur des moines cisterciens qui cherchent un retour au monachisme premier de saint Benoît. Le blanc symbolise donc un renoncement à la vie terrestre, c’est la couleur de la fuga mundi, de l’enfermement dans le cloître et des vertus cardinales. Le lis blanc est un attribut marial et la colombe symbolise le Saint-Esprit. Il n’y a donc pas de véritable opposition entre le noir et le blanc qui constituent toutes les deux des couleurs ecclésiastiques aux symboliques communes. Notons que ces couleurs sont associatives et commutatives dans les blasons médiévaux. L'habit des moines franciscains en est la parfaite illustration. | |
| Cependant la fête des chats à Ypres ou l’on sacrifie un chat noir du haut du beffroi, témoigne d’un monde profane plus superstitieux ou le noir associé à un animal manifeste la présence du diable. Croiser un chat noir ou des corbeaux c’est évoquer le malheur dans l’inconscient médiéval et croiser le même animal blanc annonce une merveille dans les récits médiévaux. Ce dualisme provient de l’art divinatoire romain antique. |
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Le vert était une couleur attribuée aux dieux païens antiques de la nature et des cycles saisonniers de la fécondité. Couleur positive dans les mondes celtes et égyptiens, associée à l’idée de renaissance comme l’atteste le mythe d’Osiris, on retrouve encore de nos jours cette puissante symbolique dans les décorations profanes de Noël. Le vert y est associé au rouge ( opposition féminin/masculin ) ou encore au blanc ( opposition vie/mort ) comme l’atteste l’utilisation de branches de gui, de houx ou encore les décorations traditionnelles des sapins de Noël ou arbres de Noël qui symbolisent l'arbre de la connaissance de la Bible. L’iconographie médiévale telle qu’on la retrouve dans la collection d’enluminures de la Bibliothèque du Prince de Condé au Château de Chantilly, présente souvent un Christ pantocrator [ souverain de l'univers ] ou un Dieu le Père, vêtus d’un vert qui symbolise alors la résurrection. ![]() |
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Symbole
solaire et païen, l’or est avant tout le plus précieux des
métaux. L’or symbolise ainsi la majesté, c’est la couleur
des rois et de la pureté. L’or est souvent associé au coq
( symbole solaire ) ou au lion ( symbole royal ).
Notons que le jaune peut suivant son éclat être assimilé à l’or ou au vert quant à sa signification. Les alchimistes au travers de l’amalgame cherchent à transformer le plomb en or. Ainsi cette couleur symbolise aussi la raison et la connaissance. |
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Christianisme Islam |
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Christianisme Islam |
Islam |
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positive |
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négative |
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La richesse La puissance La majesté Le luxe Le feu |
Les cieux L’air |
La pauvreté L’humilité La terre |
La virginité La spiritualité
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La nature sauvage Le diable L’eau |
La richesse La pureté La raison La connaissance Le diable La tentation |
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_quelques blasons médiévaux |
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_azur _sinople _sable |
_argent |
France Champ d'Azur>Champ d'Argent>Champ de Gueules
Suisse Champ de Gueules>Croix argenté
Norvège Champ de Gueules>Croix argenté>Croix azur
Japon Champ argenté>Soleil de gueules
Belgique Champ de Sable> Champ d'Or>Champ de Gueules
Mexique Champ de Sinople> Champ d'Argent> Aigle de sable> Champ de Gueules
Notons
que les logos des grandes marques mondiales ( Ford, Coca … ) et les panneaux
de circulation routières respectent ce système.
Si la figure est d’une famille alors le champ
est de l’autre famille. Deux émaux ou deux métaux ne peuvent
être accolés.