le théâtre grec
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Dieu rural et très archaïque des
fêtes champêtres, il se transforme à l'âge de
l'antiquité classique en une divinité du vin et du
désir amoureux. Dionysos s'offre à ses fidèles
sous la forme d'un animal puissant ( cheval ... ) qu'ils sacrifient, puis
dépècent et mangent cru afin de s'approprier sa force.
Une légende rattache ce dieu au Proche-Orient,
d'où il aurait ramené en Grèce le vin, un cortège
de démons chevalins : les satyres et les ménades,
des nymphes danseuses et échevelées.
Les femmes surtout participent au culte de
ce dieu étrange. Lors des fêtes en l'honneur de Dionysos les
femmes se libèrent de la pression civique des hommes qui dominent
la cité grecque. Elles se mettent à se poursuivre dans la
joie et l'ivresse et font des danses folles. Les tyrans des cités
grecques du VIème siècle se méfient de ce dieu et
l'on assiste à une canalisation de l'intense énergie liée
à son culte au travers des premiers concours de chants tel ceux
de dithyrambe qui passent pour être à l'origine de
la tragédie et donc du théâtre grec.
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_ les principales fêtes athéniennes en honneur de Dionysos_ Pyanepsion [ mois d'octobre-novembre ] Oschophories
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Pisistrate, le tyran athénien,
avait réorganisé les Grandes Dionysies à Athènes.
Des modifications essentielles ont encore lieu dans les vingt premières
années du Vème siècle. Quatre types de représentations
donnent lieu à des concours : le dithyrambe, la comédie,
le drame satyrique et la tragédie. Les trois premiers
genres correspondent à la codification lente du culte rendu à
Dionysos au VIème siècle. Le dernier genre est une invention
du Vème siècle.
Du 10 au 15 Elaphébolion, se
déroulent les plus grandes fêtes en l'honneur du dieu :
Le 10, un grand cortège mené
par l'archonte roi et protégé par les éphèbes
accompagne la statue en bois de Dionysos d'Eleuthères, que l'on
ramène en ville et qu'à la nuit les éphèbes
conduiront au théâtre, à la lueur des torches. Les
concurrents défilent aussi. Une vaste hécatombe alimente
tout le jour de joyeux banquets.
Le 11-12 se déroule le concours
des choeurs de dithyrambe, hommes et enfants.
Ce sont des chants composés par des
poètes lyriques pour accompagner les rites de sacrifice dionysiaque
par arrachage et consommation des chairs de la victime vivante et de son
sang encore tiède.
Dans la nuit du 12-13, un grand kômos
avec phallophorie [ une procession ] se déroule. Toutes les fêtes
du dieu s'accompagnent de kômoï, cortèges joyeux de personnages
déguisés et masqués qui observent un scénario
élémentaire composé d'une entrée tumultueuse,
de querelles futiles et d'un discours final bouffon. On retrouve ce type
de scénari dans l'organisation traditionnelle de la comédie
telle qu'on l'a conservé au travers des pièces d'Aristophane
: parodos, agôn, parabase.
La journée du 13 est ainsi
consacrée aux concours de comédie.
Le 14-15 ont lieu les concours de
tragédie, on y associe un drame satyrique.
La tragédie peut être daté
entre 536 et 533 avant J.-C. .Thespis donne alors
la première représentation tragique à Athènes.
Il choisit un héros épique, interprête sa destinée
et centre l'action sur un moment décisif de celle-ci. Il fait
alterner le dialogue et les chants choraux. L'intérêt toujours
actuel de la tragédie grecque réside dans la transformation
du héros en un être humain qui souffre et affronte sa destinée.
Le choeur devient un intermédiaire entre le héros et
les spectateurs qui connaissent l'issue du spectacle car les mythes de
la guerre de Troie, les exploits d'Héraklès et les malheurs
d'Oedipe leur sont familiers. L'intensité de la pièce réside
dans le développement des sentiments et de la psychologie des personnages.
Des contingences matérielles obligent
à renforcer les effets théâtraux : la foule des spectateurs
est immense, le décor inexistant et l'éclairage impossible.
De plus, les acteurs sont tous masculins et au nombre de trois. Ils utilisent
donc des masques et des longues robes de scène. Nous avons du mal
à nous représenter l'attitude du choeur : quel était
la mélodie, le rythme et surtout les gestes.
La tragédie devient autre chose qu'une
fête religieuse, tous y viennent, y compris les étrangers,
les métèques, les femmes et les esclaves. Les spectacles
se succèdent du matin au milieu de l'après-midi dans l'agitation
et les discussions. N'oublions pas que ces fêtes donnent lieu à
un concours et le caractère unique de chaque représentation
explique l'ampleur du phénomène.
Le théâtre
demeure pour le Vème siècle l'expression la plus éclatante
de la culture grecque classique. L'organisation incombe à l'archonte
éponyme. C'est lui qui autorise trois poètes tragiques à
concourir et qui leur trouve un riche citoyen prêt à assurer
la chorégie, c'est-à-dire le financement du spectacle. Le
coût le plus important réside dans le budget du choeur ( quinze
personnes et le flûtiste ), auquel il faut assurer masques et costumes
ainsi qu'un salaire pour le chef du choeur, seul professionnel avec les
acteurs. Pour chaque pièce, il faut trois acteurs qui assurent tous
les rôles. Le plus important _ le protagoniste _ est payé
par la cité. L'auteur fait fonction de directeur pour les répétitions.
Le citoyen qui assure la chorégie devient très populaire.
A Athènes, les
concours ont lieu à partir du Vème siècle au pied
de l'Acropole. A côté d'un sanctuaire dédié
à Dionysos, on creuse les gradins du théâtron dans
la colline. Seuls les sièges d'honneur sont en pierre, les autres
sont en bois. L'orchestra est l'aire circulaire de terre battue
où évolue le choeur; la skene, à l'origine
simple tente où se changeaient les acteurs, devient une façade
qui sert de décor.
A l'issue des représentations
les jurés, tirés au sort, décernent le prix du poète
victorieux et du meilleur chorège. Des prix spéciaux sont
attribués aux acteurs. L'Etat avance aux citoyens pauvres les deux
oboles de droit d'entrée qui servent à l'entretien du théâtre.
Eschyle, Sophocle
et Euripide sont les grands auteurs qui sont restés à
la postérité.
namt@
MMI